Comment être créatif en écriture

Ecrire est un voyage fantastique au sein de notre psyché. En déposant des mots sur une feuille de papier, nous apprenons à nous connaître nous-mêmes, tout en apprenant à décrypter le monde qui nous entoure. Mais même dans les jours fastes des blocages peuvent survenir. Voici quelques recommandations qui vous permettront de retrouver le chemin de l’enthousiasme et de la créativité, à n’importe quel moment.

Varier les support d’écriture.

Aujourd’hui, la plupart des gens écrivent à l’aide d’un traitement de texte. Lorsque l’on souhaite maintenir sa créativité à son meilleur niveau, il est bon de changer de support d’écriture de temps en temps. On peut par exemple profiter d’une journée ensoleillée au parc pour transcrire ses pensées sur un calepin, parler dans un enregistreur vocal pour ne pas perdre ses meilleures idées en plein milieu d’un embouteillage. Le must étant de se dénicher une vieille machine à écrire pour s’adonner au plaisir de la dactylographie à l’ancienne.

Mais on peut tout autant tenter des expériences avec son traitement de texte habituel : changer la couleur des polices de caractère, décider d’écrire le plus vite possible ou le plus lentement possible, ou encore essayer différents styles de musique d’accompagnement… Les possibilités sont innombrables.

On néglige trop souvent le travail sur papier. Un document imprimé peut être lu d’une toute autre manière que sur un écran d’ordinateur. On peut prendre une certaine distance vis-à-vis de son texte, et surtout l’annoter dans les marges après avoir repéré les parties qui nécessitent d’être retravaillés.

Lire autant que l’on écrit

Lorsque l’on se sent bloqué, il est bon de s’arrêter pour se prendre un bon bouquin entre les mains. La bibliothèque municipale ou la librairie de son quartier sont des endroits particulièrement indiqués quand on est en manque de créativité. Lire des ouvrages en lien avec son travail actuel est sans doute le meilleur moyen pour dépasser la panne de créativité.

Bien entendu, cela ne doit pas être un prétexte pour chercher à comparer ses productions à celles des autres, en se demandant si l’on est capable de faire aussi bien ou mieux que tel ou tel auteur.

L’enjeu de la lecture est de découvrir les interactions subtiles entre l’activité d’écrire et celle de lire. Les deux activités sont trop souvent présentées comme des processus n’ayant rien à voir l’un avec l’autre. Mais en réalité, ils sont fortement imbriqués. Quand on lit on cherche toujours à s’enrichir au contact de nouvelles idées, et si l’on veut bien y regarder de plus près, il n’en est pas autrement lorsque l’on écrit.

Pour saisir les interconnexions entre « écriture » et « lecture », il est bon de pratiquer une lecture active, ou ciblée. Cela consiste à lire un livre ou un article en s’intéressant d’avantage à la forme du texte qu’à son sens. En prêtant attention aux figures de style, aux procédés de narration,  d’une manière générale aux aspects techniques d’un texte, on s’ouvre de nouvelles perspectives de création. On enrichi sa « boite à outil » de fabriquant de texte !  C’est très certainement un des meilleurs moyens à notre disposition pour réduire le risque d’angoisse face à la feuille blanche.

Se concentrer sur l’apport de solutions

La recherche de solutions doit être au coeur de tout projet d’écriture. Ecrire consiste à dénicher, au milieu d’une foule d’idées, les meilleures idées possibles. C’est un exercice qui ne va pas de soi, sa nature est de toujours faire apparaître des difficultés. D’une certaine manière, écrire c’est avoir des problèmes, et c’est aussi apprendre à vivre avec.

En réorientant nos pensées vers une recherche systématique de solutions nous nous mettons en situation d’ouvrir de nouvelles perspectives de création. Par contre en s’épanchant sur nos petites misères quotidiennes nous ne faisons que nous écarter de nos objectifs initiaux.

Il est particulièrement utile d’être à l’écoute de sa petite voix intérieure lorsque l’on rencontre des problèmes en écrivant. Cela peut paraître être de l’auto suggestion, mais c’est un fait : il est beaucoup plus efficace de se dire des petites phrases constructives, plutôt que de passer son temps à se lamenter sur son sort.

La première pensée qu’il faut avoir lorsque l’on met en forme un texte c’est : « Que dois-je ajouter ou enlever à mon texte pour rendre ma prochaine mouture encore plus intéressante ? ». En adoptant cette manière positive de penser cela nous emmène à rechercher des solutions et nous évite de prendre l’habitude d’accabler nos écrits.

Etre à l’écoute de ses émotions.

Qu’il s’agisse du sentiment de la peur, du calme, de la passion ou de tout autre émotion que nous pouvons ressentir, ils sont tous bons à prendre lorsqu’il s’agit de les utiliser à des fins de création.
Il faut arriver à réaliser qu’il y a un lien direct entre nos émotions et celles que ressentiront nos lecteurs.

Il serait dommage de rejeter certains sentiments sous prétexte qu’ils nous sont désagréables. Nous devrions plutôt apprendre à nous en servir pour écrire tels que nous sommes, dans la réalité de l’instant.

Si vous écrivez par exemple une scène à suspens. Faites vibrer en vous l’atmosphère de votre scène de manière à pouvoir ressentir une décharge d’adrénaline en l’écrivant. Trouvez des adjuvants si nécessaire, en écoutant par exemple une musique qui viendrait souligner l’ambiance que vous voulez faire ressortir. Montez le son si il le faut !

Lorsqu’il s’agit d’écrire un texte sensé procurer du bien être à vos lecteurs, soyez vous-même aussi calme que possible au moment où vous écrivez. Vérifiez en vous même que vous êtes bien capable d’entrer dans l’état que vous suggérez à vos lecteurs. Respirez profondément, étirez vous de temps en temps. Vous devriez mesurer le sentiment de bien être de vos lecteurs à l’aune de votre propre capacité à ressentir ce bien être.

Soyez attentifs à votre posture corporelle. Si vous souhaitez faire ressentir de l’angoisse à vos lecteurs, mettez vous dans une position limite…sur le rebord de votre chaise. Il ne s’agit pas de feindre tel ou tel sentiment, mais plutôt de faire corps avec votre projet d’écriture. Car ressentir c’est se donner les moyens de transformer ses émotions en énergie créatrice.

Oser la publication

Abandonnez définitivement l’idée de perfection et prenez le chemin du partage, en décidant de publier vos écrits. L’idée de publier ses écrits peut être terrifiante au premier abord, et il est vrai que cela ne va pas de soi.  Mais il faut bien se dire une chose ; il n’y a pas une grande différence entre le fait de faire lire ses textes au sein d’un cercle fermé d’amis et celui de les donner à lire à un public beaucoup plus large.

Prenons le cas où vous faites lire vos textes à trois amis de votre entourage qui vous donneront un avis sincère sur vos écrits. Vous en aurez un qui  aimera beaucoup vos textes, le deuxième qui les trouvera acceptables et le troisième qui ne les aimera pas du tout. Vous devriez dans ce cas considérer que face à un large publique la situation ne devrait pas être très différente, sauf qu’elle se déroulerait à grande échelle. Vous aurez des milliers de gens qui vous apprécieraient contre d’autres milliers qui ne vous apprécieraient pas. Cette perspective devrait pouvoir permettre de relativiser les enjeux d’une publication, et réduire l’angoisse qui y est associée. Car si il y a bien une chose qu’il faut avoir profondément rivé au fond de la conscience lorsque l’on souhaite publier ses écrits, c’est le fait qu’il est impossible de plaire à tout le monde. Vouloir plaire à tout le monde est le meilleur moyen de parvenir à ne plaire à personne !

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